Astéroïde le Cnes veut lancer une mission spatiale pour étudier Apophis

first_imgAstéroïde : le Cnes veut lancer une mission spatiale pour étudier ApophisL’astéroïde Apophis est passé à proximité de la Terre en janvier dernier. Son prochain passage est prévu pour 2029 et l’Agence spatiale française, le Cnes, souhaiterait en profiter pour l’étudier de plus près.Baptisé en référence à la divinité égyptienne du mal et des ténèbres, l’astéroïde Apophis d’une taille de 325 mètres, a “frôlé” la Terre le 9 janvier dernier en passant à 14,4 millions de kilomètres d’elle. Son prochain passage aura lieu le 13 avril 2029 (à 30.000 km de la Terre) et il ne sera pas plus à craindre que celui de 2036. Néanmoins, ce qui inquiète davantage les spécialistes, c’est sa trajectoire pour 2068. A cette date, un risque de collision avec la Terre n’est pas exclu.”Ça reste possible pour 2068. C’est très improbable, mais pas impossible”, a expliqué mardi Jean-Yves Prado, du Centre national d’études spatiales (Cnes), membre du groupe de travail Astéroïdes géo-croiseurs des Nations unies. Pour cette raison, Apophis fait aujourd’hui partie des 1.387 astéroïdes “potentiellement dangereux” pour la Terre. Il faut savoir que s’il entrait en collision avec notre planète, au vu de sa taille, cela occasionnerait des dégâts à l’échelle d’un continent. C’est une des raisons qui pousse l’agence spatiale française à vouloir étudier Apophis de près et elle souhaite pour cela profiter de son passage en 2029. En effet, si on souhaite éviter une collision, l’idéal reste de savoir exactement à quel type d’objet on a à faire. Aussi, la connaissance de la structure interne de l’astéroïde “est cruciale pour la conception des missions de déviation”, indique le Dr Patrick Michel de l’Observatoire de la Côte d’Azur. Car parmi les nombreuses idées pour détourner les astéroïdes, outre les faire exploser grâce à une bombe nucléaire ou à des explosifs classiques, certains proposent de modifier leur trajectoire en les remorquant… Une mission spatiale vers Apophis À lire aussiBoisson, météorite et Facebook, les actus sciences que vous devez connaître ce 5 septembreMais pour qu’un tel projet soit viable, il faut auparavant déterminer si la roche est solide, pré-fracturée, poreuse, ou s’il s’agit d’un agrégat. Même chose si on opte pour la solution explosive. “On a besoin de données extrêmement précises”, souligne Emmanuel Hinglais, responsable des études portant sur l’exploration de l’univers au Cnes. Pour le spécialiste cité par l’AFP, “les seuls moyens” de vérifier les modèles théoriques, ce sont les missions spatiales, comme par exemple la sonde Rosetta, qui a survolé Lutetia en 2010. Dans ce but, le Cnes envisage une mission spatiale vers Apophis, baptisée ApEx, afin d’une part d’améliorer les connaissances scientifiques, d’autre part de pouvoir, au besoin, dévier efficacement l’astéroïde en 2068 (voire plus tard encore). “Le risque est prédictif et on peut l’éviter, mais ces missions ne peuvent être réalisées que dans un cadre international”, estime Jean-Yves Prado. A priori, il faudrait un voyage de 12 à 18 mois pour qu’un vaisseau rejoigne Apophis. Il entamerait alors “une approche progressive” jusqu’à pouvoir déposer des instruments en surface (antenne radar, sismomètres…).Le 10 avril 2013 à 18:14 • Maxime Lambertlast_img read more